La fatigue après l’accouchement figure parmi les défis les plus difficiles de la maternité. Le fait que ce soit un phénomène courant ne signifie pas qu’il ne vous prendra pas par surprise. L’épuisement fragilise et si à cela s’ajoute le fait d’être maman depuis peu, votre propre ressenti de vous-même peut s’en trouver bouleversé. Il se peut que vous vous sentiez vulnérable, irritable et parfois même larmoyante et sans espoir.

Pour reprendre les termes d’une nouvelle maman :

C’est comme un mauvais tour du destin, car après l’arrivée de votre petit miracle, votre corps vous laisse totalement tomber sur le plan physique ! Pourquoi ne produirait-il pas de l’adrénaline en plus pour passer le cap des six premiers mois?

Cyndi, mère de Farrah, huit semaine

Les gens oublient souvent qu’avoir un enfant est un projet ambitieux sur les plans physique, psychologique et émotionnel. Les premiers jours, la voie pelvigénitale est douloureuse et vous continuez à perdre du sang. Si vous avez été déchirée lors de l’accouchement ou si vous avez subi une épisiotomie, vous ressentirez des douleurs et des démangeaisons du fait des points de suture, le temps de la cicatrisation. Si vous avez eu une césarienne, vos mouvements seront limités, comme c’est le cas pour toute chirurgie invasive.

Il y a la montée de lait qui est une sensation pénible et le fait d’apprendre comment nourrir votre bébé, quelle que soit l’option que vous choisissez.

Il y a aussi l’angoisse profonde d’être la meilleure maman possible, le besoin de savoir que vous êtes une bonne mère qui sait, aujourd’hui comme demain, ce qu’il y a de mieux pour son enfant. Lorsque vous arrivez à trouver le sommeil, il se peut que vous ne dormiez que par courtes phases sans pour autant vous sentir reposée. Et tout cela vous arrive alors que vous apprenez tout juste à connaître votre enfant et vous sentez obligée de répondre à tous ses besoins.

Toutes ces facettes de la maternité sont énergivores et nous en faisons ici la liste afin de vous rassurer : vous avez de réelles raisons d’être aussi incroyablement fatiguée. L’idée est aussi de briser ces silences codés qui entourent les réalités des premières semaines de parentalité.

Gardez à l’esprit qu’à un moment donné, toute cette fatigue va se dissiper. La grande majorité des mères se sentent comme vous à un moment ou à un autre, alors évitez de vous le reprocher trop sévèrement. Le fait d’être aussi fatiguée n’est pas un signe de faiblesse ou d’incapacité de votre part à être une bonne mère. Vous vous en sortez bien malgré cette phase naturellement épuisante que sont les premiers temps de la maternité.

Je crois que le pire, c’est le premier mois. Les deuxième et troisième mois se révèlent un peu moins pénibles. En tout cas, pour moi, tout est devenu plus facile après le quatrième mois.

mère de Max, âgé de 6 mois ou (maman d’un bébé de 6 mois)

Être de garde 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 est une véritable épreuve et il peut s’avérer énervant de s’entendre dire qu’il faut se reposer quand bébé dort. Toutefois, il est fondamental de se reposer, alors comment arriver à surmonter cette période difficile?

Admettez combien vous êtes fatiguée et dites-le à vos proches.
N’essayez pas de laisser vos proches ou même vous-même minimiser le véritable sentiment de désespoir qu’un manque de sommeil peut provoquer. Aimer votre bébé ne signifie pas que vous devez faire comme si tout allait bien tout le temps.

Demandez de l’aide.
Être une bonne mère n’a rien à voir avec le fait d’être parfaite. Nombre de vos amis et de vos proches veulent vous soutenir mais ils ne savent pas forcément d’instinct comment, alors exprimez-vous et montrez-vous très explicite. C’est le moment de dire : « Peux-tu m’aider à étendre le linge ? »

Veillez à bien manger. Une cure de vitamines peut vous aider à retrouver de l’énergie.
Au cours des premières semaines, demandez à vos proches et à vos amis de vous apporter des aliments préparés dans de grandes quantités afin de pouvoir diviser et congeler ces plats.

Tentez de vous reposer lorsque votre enfant dort.
Faites-le aussi souvent que possible. Ces quelques moments de répit limiteront votre perte d’énergie. Ce n’est ni de la paresse, ni de l’indifférence. Vous avez besoin de vous reposer pour récupérer physiquement et être prête à faire face à toute nouvelle demande.

Parfois, vous ressentez comme une fatigue post-partum mais c’est autre chose. Si le sentiment d’épuisement que vous ressentez traîne en longueur et que votre état ne s’améliore pas, il peut s’agir d’une dépression post-partum, c’est-à-dire un déséquilibre hormonal comme une hypothyroïdie ou un manque de minéraux comme le fer. Personne ne vous connaît aussi bien que vous-même. Aussi, vous saurez si quelque chose ne tourne pas rond. N’hésitez pas à en parler à votre sage-femme ou à votre médecin.

 

Référence

Naana Orleans-Amissah
http://www.huffingtonpost.co.uk/