La question est la suivante : Souhaiterez-vous retourner travailler à la fin de votre congé maternité ? Assez souvent, une femme qui a prévu de retourner au bureau au bout de six mois, se retrouve à redouter ce jour plus il approche. Elle tourne en rond, en se posant mille questions : Pourra-t-elle continuer à allaiter ? Qui s’occupera du bébé ? Est-elle prête à confier son bébé à des étrangers ?... Avoir un bébé est un événement colossal, et la plupart des femmes ont besoin de se couper du monde. Les tâches qui étaient simples : payer les factures, promener le chien, et même s’habiller avant la fin de la matinée, peuvent devenir des défis insurmontables. Vous souhaitez que le monde disparaisse et ne réapparaisse que lorsque vous serez prête à le rejoindre.

Dans cet état de mouvance, il est utile de maintenir des liens avec vos contacts professionnels. Il se peut que vous finissiez par avoir une activité entièrement différente, mais vous aurez besoin de puiser dans les ressources de votre passé. Il se peut également que votre contrat de travail vous oblige à reprendre vos activités professionnelles, tout au moins à court terme. Ce n’est pas la fin du monde. La vie avec votre ou vos enfants comporte de nouvelles étapes qui évoluent constamment. Il est important que vous ayez une identité, indépendamment de vos enfants. Cette identité peut provenir de votre emploi, de vos activités en tant que travailleuse indépendante, ou d’un travail bénévole.

Des mères ont été interrogées pour savoir si elles avaient bénéficié d’un soutien à leur retour au travail.

Oui, bien que ce soit difficile avec une équipe jeune, en majorité sans enfants. Je ne suis plus disponible à tout moment. Mon entreprise est favorable au travail tard le soir, que je peux uniquement effectuer si je suis prévenue à l’avance.

Avec Internet et le courrier électronique auxquels nous avons en permanence accès sur nos divers gadgets, il est pratiquement toujours possible de travailler à distance, ce qui a du bon et du mauvais. Une mère peut être sollicitée à être constamment disponible.

Je dois faire beaucoup de travail non rémunéré, p. ex., accéder à mes courriels le soir. Bien que je travaille désormais trois jours par semaine, personne d’autre ne couvre mes deux jours d’absence ; alors, je dois faire de mon mieux pour ne pas être débordée par mon énorme charge de travail.

Cela peut signifier qu'elle n'a plus aucun répit ; par conséquent, le mieux est de discuter des attentes et définir des limites avec votre employeur.

Il peut également être difficile de se concentrer à 100 % sur son travail. Le travail devient insignifiant lorsque vous vous demandez si la toux de votre enfant s’est aggravée. Les deux parents devraient partager cette préoccupation, ce qui est parfois le cas, mais c’est le plus souvent la mère qui la gère. C’est pourquoi de nombreuses femmes sont ignorées pour les promotions, avant même d’avoir des enfants, en se basant sur l’hypothèse que leur engagement sera limité. Réfléchissez aux compétences que la mère acquiert : négociation, patience, écoute, perception, multitâches ; ces compétences devraient en fait être appréciées dans tout environnement de travail. On remarque des avancées dans ce domaine, avec la création de groupes tels que Mothers of Innovation, forum qui a évolué pour rassembler désormais les mères actives du monde entier. Ces femmes ont créé des initiatives sociales et des entreprises et produits novateurs, et elles se rendent compte que les qualités qu’elles ont acquises en devenant mères leur ont énormément servi.

Retourner travailler ou être une mère à plein temps sont deux choix parfaitement valides ; malheureusement, les femmes se heurtent à un barrage d’opinions sur tous les fronts : de la part des membres de leur famille, de leurs amis et des médias, sans parler de leurs propres réflexions et souhaits quant à savoir quoi faire. Rachida Dati, ministre française, a déclenché un énorme débat en 2009, lorsqu’elle est retournée travailler cinq jours après avoir donné naissance : certains ont applaudi sa décision, d’autres ont estimé qu’elle n’avait probablement pas le choix compte tenu de son poste, et certains l’ont tournée en dérision en la qualifiant de mère négligente. À noter que quelques-unes des critiques les plus sévères provenaient d’autres mères. Il est regrettable que, en matière de maternité, les choix des femmes se dressent les uns contre les autres, attisés par les médias. Si vous êtes tourmentée quant à savoir quoi faire, la réponse, qui est d’ailleurs valable dans un grand nombre de situations impliquant des enfants, est de vous détendre et d’attendre. Ce que vous ressentez juste après la naissance changera au fil des mois, voire des années. Les toutes premières semaines peuvent vous sembler interminables, mais elles ne représentent qu’une toute petite partie de votre vie.