La plupart d’entre nous avons un frère ou une sœur qui fait partie des relations les plus étroites que nous ayons au cours de notre vie ; nous partageons tout un passé, des ressemblances physiques, sans parler de tous les autres membres de la famille que nous avons en commun. Mais beaucoup disent également que leur frère ou leur sœur a reçu une plus grande attention de la part de leurs parents ; c'est une question qui peut être épineuse. Si vous appréhendez la manière dont votre enfant va entrer en relation avec le nouveau bébé, sachez qu’il est naturel que le premier enfant soit jaloux ou craigne de ne plus être aimé ; il risque même de régresser en agissant lui-même comme un bébé.

Une suggestion qui m’a été faite est que le bébé « apporte » un cadeau à son aîné. D’autres astuces consistent à « attribuer des tâches spéciales à l’aîné » ou à l’inviter à choisir les vêtements que le bébé portera. Les visiteurs qui viennent vous présenter leurs félicitations peuvent d’abord diriger leur attention vers l’aîné, comme à l’accoutumée, avant de s’intéresser au nouveau venu. Après tout, le bébé ne s’apercevra de rien et l’enfant plus âgé sera rassuré en sachant qu’il continue d’être important et visible.

Autre élément à prendre en compte : ce que vous ressentirez. Peut-être vous êtes-vous tellement concentrée sur vos sentiments envers le nouveau-né que vous n'avez pas vraiment réfléchi aux changements qui interviendront dans votre relation avec l’enfant plus âgé. De nombreuses mères craignent de ne pas ressentir le même amour pour un deuxième enfant. En fait, la relation sera peut-être plus immédiate avec le nouveau bébé, du fait que vous connaissez déjà bien le rôle de mère. Avec mon premier enfant, une véritable ritournelle m'obsédait... « A-t-il trop chaud, ou trop froid ? A-t-il faim ? Est-il fatigué ? S’ennuie-t-il ?... Au-secours ! » Je percevais le bébé comme une machine compliquée dont il fallait sans cesse s’occuper, sans me rendre compte qu’il s'agissait en fait d'une personne. Mais j'ai appris « sur le tas », et j'ai fait de mon mieux, comme toutes les autres femmes. C’est tellement facile pour une mère de se sentir coupable, de penser qu’elle fait tout de travers. À l’instar d'innombrables autres mères, je me suis plongée dans la lecture de manuels pour me rassurer, au lieu de suivre mon instinct.

Les moments les plus éprouvants pour moi étaient les soirées, car mon aîné âgé de trois ans, qui avait passé toute la journée à la crèche, cherchait par tous les moyens à attirer mon attention. Ses gémissements, qui traduisaient également sa fatigue, gâchaient souvent le temps que je comptais passer en tête à tête avec le bébé. J'étais contrariée ; mais, en le regardant, je m’apercevais qu’il était encore tellement petit, même s'il semblait si grand et si maladroit d’un seul coup, et je me mettais à sa place. Jusqu’à présent, je lui avais accordé toute mon attention. Alors, comment pouvait-il comprendre qu’un imposteur ait forcé la porte ? Ce mélange de sentiments après une deuxième naissance est tout aussi normal et naturel que la sensation d’être un « bateau ivre » après la première naissance. Il est important que l’enfant plus âgé sache qu’il est tout autant aimé et voulu. Le soir est un moment idéal, après avoir couché le bébé, pour que les parents consacrent du temps au « grand » garçon ou à la « grande » fille, et parlent de ce qu’il ou elle a fait dans la journée.

Par ailleurs, il est tout aussi important de vous détendre et de vous ménager. Ce ne sera pas la fin du monde si l'emploi du temps n’est pas respecté ou si la vaisselle n’est pas faite. Bien que les débuts puissent être difficiles, tout finira par rentrer dans l’ordre, et chaque membre de la famille parviendra à s’ajuster à son nouveau rôle. Quelques-uns des moments les plus précieux dont je me rappelle est lorsque mon aîné, se blottissant contre le bébé, lui chuchotait des mots à l’oreille ou lui montrait les images d’un livre. C’est alors que vous prenez subitement conscience du lien spécial et très puissant qui se noue entre vos enfants.