Je ne m’attendais absolument pas à ce que notre relation change autant. Nous sommes maintenant des co-soignants qui vivons ensemble. Nous discutons des besoins de notre bébé, et nous essayons de nous organiser en ce qui concerne son sommeil, son alimentation et ses changes, en faisant preuve d’équité et en évitant de nous chamailler.

Une partie du problème est due au fait que, tout en étant la source de frictions, le bébé n’en est absolument pas conscient, comme pour tout le reste, étant uniquement soucieux de se nourrir et de bénéficier de confort et de réconfort ; on ne saurait donc le blâmer. Vous êtes tous deux épuisés et vous avez certainement déjà géré votre lot individuel d’inquiétudes à propos du bien-être du bébé. En bref, vous allez passer toutes vos heures à prendre soin du nourrisson, et non pas de vous. La mère a énormément souffert, à la fois physiquement et émotionnellement, et elle aura certainement tendance à passer ses nerfs sur son partenaire, qui risque de se sentir désarmé et mis à l’écart.

Alors, que faire ? Traitons du problème principal. L’épuisement causé par un sommeil continuellement interrompu au cours de la nuit n’est favorable ni à l’un, ni à l’autre. On entend dire parfois que le mariage est « en difficulté » lorsqu’il arrive au père de dormir dans une autre pièce, comme si le bébé l’avait évincé. J’argumenterais que l’épuisement conjugué des deux parents est bien plus susceptible de nuire à la famille. Mon premier conseil est donc de vous recommander de maximiser tous deux votre potentiel de sommeil, peut-être en divisant la nuit pour intervenir à tour de rôle et en installant un lit dans une autre pièce. Ces mesures, qui ne vont pas devoir durer, vous aideront à traverser les premières étapes.

Mon deuxième conseil est de compatir avec les sentiments et les inquiétudes de votre partenaire, et à essayer de comprendre que vous souhaitez tous deux le meilleur pour votre bébé. Le père peut penser que la mère le harcèle et le critique mais, en réalité, elle s’efforce uniquement de donner un sens à ce nouveau monde qui s’ouvre devant elle. La mère peut penser que le père s’est dépêché de retourner à « son travail », sans même se rendre compte de son dur labeur à la maison. Mais, en réalité, il se sent probablement chargé d’une nouvelle responsabilité, celle de pourvoir aux besoins de sa famille, et il souhaite faire de son mieux à cet égard.

Dans cette perspective, appréciez ce que chacun de vous apporte à la famille et soyez-en reconnaissant. Il est vrai que, lorsque l’on a l’impression d’avoir un énorme poids sur les épaules, il est très difficile d’être sensible au travail acharné accompli par quelqu’un d’autre ; mais il est important de rechercher ce que chacun d’entre vous a de valable, et de vous concentrer sur ces aspects positifs qui seront alors renforcés et agiront en tant que rappel de votre connexion émotionnelle. Cette approche facilitera également la verbalisation des plaintes, élément également important. Renoncer à se plaindre n’est jamais une bonne idée ; alors, soyez honnête l’un envers l’autre quant à vos attentes et vos ressentiments, et amorcez vos phrases en utilisant une formulation du type : « Je ressens... » plutôt que : « Tu me fais ressentir... ». Il est important de vous approprier vos émotions.

Lors d’échanges tumultueux, prenez le temps de faire une pause : calmez-vous et réfléchissez pourquoi l’un ou l’autre a réagi de manière excessive. Rappelez-vous le moment où vous souhaitiez tous deux le meilleur pour votre famille et essayez de pardonner à l’autre des propos exprimés dans un accès de colère.

Enfin, n’oubliez pas de manifester physiquement votre appréciation réciproque. Bien que les rapports sexuels risquent de ne pas être à l’ordre du jour pendant un certain temps, les câlins, les caresses, les massages et le fait de se tenir par la main contribuent à maintenir une connexion forte et saine.